vendredi 27 janvier 2017

Marie Michèle Esponde: Testament de Dominique Saint Martin, vicaire de Bascassan


Testament de Dominique Saint Martin, vicaire de Bascassan,

11 septembre 1779
 
Par Marie-Michèle Esponde
 
Article paru dans la revue Ekaina, 1er trimestre 2011, n° 117

Le testament olographe transcrit ci-dessous est celui de Dominique Saint Martin, prêtre et vicaire de Bascassan (1). C’est l’occasion d’évoquer ce lieu, remarquable par sa chapelle qui vient d’être rénovée et dont les peintures intérieures magnifiques ont été restaurées (2). Ce village aujourd’hui quartier de la commune d’Ahaxe-Alciette-Bascassan, est très connu aussi grâce à celle qui a été la fervente gardienne de l’église Marie-Louise Cadiou, benoîte de 1945 à 1989, elle qui savait si bien faire vivre les peintures et expliquer comment elle éloignait la foudre en sonnant les cloches (3).

La maison Etchart dont Dominique saint Martin était propriétaire, est proche de l’église. Actuellement utilisée comme bergerie, elle reste imposante (4).

Première page

In nomine Domini

L’an mil sept cens septente neuf et le onzième jour de septembre au lieu de Bascazan, et en la maison d’Etchart, Je, dominique de St Martin prètre maître propriétaire d’Etchart, ay fait mon testament olographe ainsi qu’il suit. premièrement Je recommande mon ame à Dieu implorant sa sainte miséricorde pour la rémission de mes peches, par le merite de nôtre seigneur Jesus Christ : implorant pour cet effet, l’intercession de la très sainte Vierge, de Saint André, de saint Dominique, mes patrons, et de tous les saints et saintes du paradis

Etchart Ptre

 Item
J’ordonne qu’après mon deces, mon cadavre soit inhumé dans le cimetière de la maison d’Etchart (5), au pied des grandes personnes qui auront été déjà ensevelies, La tête vers le nord, le corps de travers à icelles, au ras de terre, sans cercueil de planches ; on le poudrera de la chaux, on mettra dessûs une couche de terre, sur le tombeau qui est destiné pour cela, ensuite on comblera la fosse de terre Jusqu’au haut et on la dosera Au niveau du cimetière de la dite maison d’Etchart. Il conviendra encore de mettre une croix de pierre vers la tête… (6). Et Je laisse et legue, à cet Effet , La Somme de trois cent livres, y compris mes honneurs funebres et l’offre qu’on a accoutumé de faire pendant deux ans depuis l’enterrement ; a prendre les susdites trois cents livres de mon bétail à corne ou à laine qui seront sur pied lors de mon deces. Bien entendu que mon heritier bas nommé employera le résidu y en faire célebrer des messes, ou autre oeuvres pieuses. Et s’il n’est pas suffisant il pourra suppléer de mes autres effets que je n’auray pas Exceptés, ou de largeant qu’il trouvera dans mon grand armoire.
Etchart ptre

Item
Jordonne que mon héritier bas nommé payera mes dettes, s’il y en a lors de mon deces.

Etchart ptre

Item
Je laisse en sa force te teneur la fondation du 16 juillet 1746, d’une rente annuelle de neuf à dix livres pour le luminaire de la petite lampe de Leglise de St andré de la présente paroisse faite par moy et dominique maitre propriétaire D’iriberry du présent lieu, par acte retenu de feu Me laforie notère.
Etchart ptre

Item
Je laisse aussi en sa force et teneur ma fondation des deux anniversaires, par contrat du 16 juillet 1746 retenu de feu monsieur Lafaurie notaire, dont les quittances du droit damortissement que Jay payé pour une plus grande sureté sont au pouvoir de M. arralde préposé au bureau de St Jean.

Etchart ptre
 

La maison de Dominique Saint Martin à Bascassan
 
Item
Voiant que la communauté de Bascazen a besoin d’un prêtre residant sur le lieu par l’eloignement de son curé, qui fait de tout temps sa résidence à Alciette ; soit par les accidents aux quels elle est sujette elle-même ; soit a cause des incommodités et l’embaras de son curé, qui doit passer par Ahaxe, assez grande paroisse, et traverser une rivière, qui l’arrette quelque fois, et le met dans l’impossibilité de subvenir aux besoins de celle de Bascazen, qui est son annexe ; soir surtout parce Sa majesté a permis ces sortes de fondations par les Edits du mois D’août 1749 et de 1762. Je laisse et legue a la dite paroisse de Bascazen un fons de trois mille livres, dont la rente luy servira, a perpetuité, a entretenir un vicaire et matutinier (7) residant sur le lieu. Bien entendu que le dit vicaire et matutinier des dimanches et fetes sera destituable a la volonte de l’Eveque du present Diocese : bien entendu ainsi que s’il est obligé de dire la grande messe par ordre du Sieur Curé, ou autrement, il en celebrera autant les Jours ouvrables a L’intention du fondateur A celle de la paroisse, comme celles qu’il celebrera les dimanches et fêtes… mon dessin en ceci ne pouvant s’etendre Jusqu’à décharger Mr le Curé de cette commande des fonctions de curé qu’il pourra faire par luy meme, ou plus commodement par quelque autre que le matutinier de Bascazen ; et si cependant dans les necessites, il s’en servoit, il luy en rendra compte.
approuvant le mot d’un cy dessus (8)

Etchart prtre                                 Dufourq Nre Royal

Seconde page

Item
Et pour assigner le susdit capital de 3000 L. j’affecte pour madite fondation 1e la somme de 360 L, que J’ay en constitution sur la maison et les biens D’echaverse de Bascazen, par acte retenu de Me Dufourq notaire royal la 10e d’avril 1777… 2e par acte retenu du notaire le même Jour et an que dessus la somme de 300 L sur la maison et les biens D’ospitaleche de Bascazen… 3e par acte de constitution aussi retenu par le dit notaire le même Jour et an que dessus sur la maison et biens de curuchet de la présente paroisse la somme de 300L… 4e par acte retenu dudit Me du Fourcq notaire le même Jour  et an que dessus 300 L sur la maison D’Echeverz Dicy… 5e par acte de constitution aussi retenu par Mr Diribarne notaire royal et garde-note du pais le 14e avril 1778 sur la maison et biens duhalde dicy la somme de 240 L… 6e et comme certaine agnes maitresse proprietaire de la maison Detchart ma natale, avait chargé ses heritiers dan son testament retenu de jean St esteben notaire royal le 21 février 1671 d’une prebende pour la quelle elle avait un fons de 60 Ecus sol, qui font en notre temps 192, pour que de sa Rente le prébendier celebrat chaque année en subvention de son ame cinq messes, en prenant dans la maison d’Etchart la lumière de ces messes ; et elle ajoute que si ses successeurs venaient à faire une fondation plus considérable, ils auraient a y inserer  la prebende : et moy, maître proprietaire de la dite maison d’Etchart, desirant que cette decharge se fasse à pertetuite, j’avois indiqué par acte retenu de Me Diribarne notaire royal le 4e (…) 1778 le dit capital de 292 L. sur la maison d’Etchart et ses appartenances : Et J’ordonne que sa rente qui est de 9 livres douze sols soit payée exactement chaque année, au vicaire ou matutinier de Bascazen et que luy soit tenu d’acquitter les cinq messes chaque année a lintension de la dite agnes, dans son temps aussi bien que Ses successeurs a L’avenir.

Etchart ptre

Item
J’ordonne que si la fondation vaque, faute de sujet, la rente du vaquant, à proportion, sera employée la moitié a faire celebrer des messes, a la retribusion ordinaire, aux couvents ou a la paroisse ; et l’autre moitié a d’autre bonnes œuvres comme, a assister les pauvres honteux de la parroisse, ou a des œuvres d’Eglise, ou dautres œuvres pieuses, prealable la deliberation des parroissiens a l’assistance de leur curé.

Etchat ptre


A gauche, la maison de Dominique Saint Martin, près de l'église de Bascassan

Item
Pour avancer la capital de ma fondation de 3000 L J’indique à vu et du testament, de ma fuée sous ( ?) du 6e aout de 1749 retenu de feu Experien notaire royal 623 L sur ma maison Detchart et ses appartenances.

Etchart ptre

Item
Comme Mr le Baron de harriette me fait annuellement la rente de 12 L 15 pour la jouicence d’une petite maison, que mes defuntes tantes  marie damestoy benoite et jeanne sa sœur cadette avaient fait bâtir devant les cimetieres de l’église paroissialle de Bascazen l’année 1734 et estimée qu’elle a été pour la seconde fois, par des experts, la somme de 255 L le 19 may 1777, Mr le Baron en jouit depuis et m’en fait annuellement la rente de 12 L 15 sols. J’indique et laisse aux mêmes fins que dessus la dite somme de 255 L… en cas que le dit Baron cesse de payer le dit interet et abbandonne la dite maison, non deterioree depuis la derniere estimasion, elle sera a l’usage du vicaire matutinier, qui sera tenu a resider chez eux, de même que ses successeurs et leur donner le secours qu’il pourra dans les besoins susdits et auxquels leur curé ne pourra pas subvenir il sera aussi obligé a faire les repas ordinaires, et quand il y aura dextraordinaires à faire, je prie la paroisse d’y pourvoir puisque je leur ay donné la dite maison pour servir de manoir à leur vicaire matutinier.

Etchart ptre

Item
Comme la rente de 3000 L parissoit peut être insuffisante pour remplir tous les objets cy dessus énnoncés : Je luy laisse libres les fêtes commandées qui ne tomberont point aux Jours des dimanches de l’année. Il y en a d’ordinaire une vingtaine pour les quelles cependant il aura s’in en est consent Jusqu’à la concurrence de 36. la retribution reglée qu’ant à cela a une livre dix sols. J’y pourvoyray, si Jay quelque temps de vie. Autrement, la paroisse luy fournira sur 18 a 19 L quelle perçoit d’une prebande de feu D’arostalde (9) curé D’alciette et de Bascazen, de la maison dinda et de donnagaraya D’ahaxe.

Item
Comme il est fort à craindre que la communauté de Bascazen ne neglige l’instruction de ses Enfants veu les necessites de vie, l’etablissement des Enfants et les gr (…) (10)

Etchart ptre                                                     Dufourq Nre Royal



La porte de la maison de Dominique Saint Martin

Troisième page

(…) charges et impositions qu’elle est obligée de supporter, voulant encore donner un secours pour cet Effet, Je luy laisse et donne a perpetuité, une piece de terre, de contenance de cinq quarts, ou ce qu’il y a à les prendre au dessus de la Barriere d’un enclos de la maison D’Etchart les deux premiers quarts cultivés et les trois autres depuis le fossé en friche ; le tout fermé de dehors par un fossé Jusqu'au mur de la borde D’Etchart et cette piece que J’ay acquise, Se trouve dans le quartier que nous appelons borda (…) (11) la communauté pourra faire la separation du dit Enclos par une fermeture, et mettre en culture ce qui est en friche, ou le planter en vigne, pour en presenter la Jouissance a ce matutinier du temps, lequel devant faire sa residence chez eux, pourra avoir la charité de donner une petite Ecole à leur enfants une fois le jour … et si cette (…) (12) n’a pas lieu la paroisse pourra en employer la rente, a fournir le luminere des autels, a la decorasion de l’Eglise, ou quelque a bonne œuvre. Approuvant le mot depuis (13)

Etchart ptre

Item
Je laisse et legue lusage sulement de tout le contenu dans cet article au vicaire et matutinier de la paroisse de Bascazen, pour le temps qu’il sera dans cette qualité 1e de mon lit, de ma chambre, du prie Dieu, qui y est, de ma table au tiroir, de mon grand armoire au tiroir aussi, l’usage de mes livres, et de mes cayers, S’il peut les dechiffrer. Le lit de camp, qui est aussi dans ma chambre, ou Je couche, garni d’une paillasse, d’un matelas, quatre linceuls communs, le deux pour le changer dans le besoin : celuy du matutinier garni aussi de paillasse, de deux couvertures blüe et verte de laine. Et celuy du lit de camp d’une couverture aussi de laine, mais simple. Le premier à deux matelas, le traversier, un oreiller, deux linceuls : autres quatre linceuls de plus propres : de quatre cheses de bois, de celle de (com…) (14) et percée : de mon buffet qui est à la cuisine D’Enhaut, de mon coffre qui y est, et d’un autre qui est dans la chambre des Servantes, et qui est de hêtre : de ma douzene de servietes de tables, de deux nappes, d’une table a quatre ou a six : de quelques cuilé et fourchettes : de ma vesselle blanche, quatre assiettes detain ; une broche la moiene, une paire de grilles, un poilon, une pouale jaune, une casserole étamée : Deux chaudrons jaunes : Lecran de feu qui est au foyer d’enhaut, les chenets, la barre de fer, un souffle feu… Mon heritier bas nommé sera tenu de delivrer tout ci dessus a la communauté, pour le faire passer a l’usage du matutinier du temps, et luy, sera obligé aussi de le luy rendre en presence du curé S’il venoit a changer de place ou a son deces… et je prie la communauté de tenir les effets cy dessus en état et d’y suppleer, pour donner le même secours à ses Successeurs.
Approuvant donner der. li. (15)

Etchart ptre

Item
Comme il manque encore a mon fonds de 3000 L 430 L J’y pourvoyray, par moi même si le seigneur me donne un peu de vie ; mais au cas que je sois surpris, sans l’avoir fait… Je donne plein pouvoir a la communaute d’en faire la procuration de 900 livres et plus que des particuliers me doivent :  comme l’on trouvera dans mon livre de raison, qui leur sera remis à cet Effet afin quelle puisse parfaire le capital de 3000 L mettant en constitution en main ou en pieces solvables les 430 cy dessus… Je leur permets aussi d’en faire un fonds pareil de 180 L pour les lumieres des autels : parce que notre eglise est sans fabrique (16). Et s’il doit y avoir encore un residu apres leur indemnisasion ; elle aura la charité, prealable sa deliberation, a lassistence de son curé de le distribuer aux pauvres honteux de Bascazen, et de mendive.

Etchart ptre
 
Item
Je Declare, n’avoir pas quelque dette qui soit de ma connaissence ; cependant sil en avérait autentiquement que J’en ay… Je dispose et je laisse a mon héritier bas nommé la quarte du bien avitin de la maison D’Etchart, comme maitre proprietaire de la ditte maison, ensemble ma part des acquisitions de mon defunt pere pour y faire honneur ; Si non… Je Dispose egalement du dit avitin, et ma part des acquets de mon pere, au susdit heritier, et à ses Successeurs pour s’aider par sa rente, a pousser dans les etudes quand il y aura chez eux un sujet, qui aspire à la pretrise… et S’il y en a qui on la vocation serons content d’avoir quelque part dans les bonnes œuvres, qui se feront dans leur maison suivant la repartition du Seigneur ;
Approuvant le mot se cy dessus et les mots qui sont par entreligne S’il n’y en a qui on la vocation (17)

Etchart ptre                                                     Etchart ptre

Item
J’institue pour patron et executeur de ma mémoire les fondations cy dessus la parroisse de Bascazen avec l’obligation de les faire homologuer agissant, toutes les fois que besoin sera, prealable leur deliberation à l’assistence de leur curé.

Etchart ptre

Etchart ptre                                          Dufourq No.re Royal

Quatrieme page

Item
J’institue pour heritier ou legataire universel Arnaud maître proprietaire de la maison de gastelu mon plus proche parent, à la charge de faire duement controller mon present testament olographe, de l’executer et de le faire executer, et de les faire executer de point en point et exactement comme concernant mes dernieres volontés.

Etchart ptre

Fait mon susdit testament olographe de ma main à Bascazen dans ma chambre et ma maison d’Etchart, en trois pages et ce qu’il ya dans cette quatrieme ; signé Etchart ptre a chaque article, et au bas de chaque page avec celle icy et Ecrit le 11 s.bre 1779

Etchart ptre                                          Etchart ptre

Dufourq No.re Royal

A la suite se trouve le décompte des fais notariés, qui se montent à 176 livres et 8 sous, décompte signé établi à St jean Pied de Port, signé D’Arralde, et qui date du 27 mai 1782. C’est donc la date où le testament a été enregistré par le notaire. En face de ce décompte, une petite note écrite verticalement indique «du 11 septembre 1777 de Dominique St Martin Etchart pretre et vicaire de Bascassan».

a


Le linteau de la maison de Dominique Saint Martin à Bascassan


Ce testament attire l’attention par le contraste entre le début, où le second article en particulier semble relever d’une austérité toute janséniste, et tout le reste du texte où l’auteur semble surtout préoccupé de façon presque obsessionnelle de biens matériels, que toutefois il destine en très grande partie à la paroisse de Bascassan.

Le texte est écrit d’une main ferme, dans une graphie assez moderne et de petite taille. L’orthographe, compte tenu de l’époque, est correcte, avec des éléments propres au français ancien et une utilisation assez peu fréquente des accents. La ponctuation paraît assez aléatoire pour un regard actuel et les majuscules sont placées de façon un peu surprenante pour nous. Sur tous ces points, j’ai respecté le texte original le plus complètement possible.

Dominique Saint Martin était-il influencé par le courant janséniste ? C’est possible puisque Mgr Druillet, janséniste, a dirigé le séminaire de Bayonne de 1707 à 1728, à un moment où Dominique Saint Martin, né en 1705, pouvait être séminariste (18). Par ailleurs, il est ben connu que les deux grands théoriciens du jansénisme ont séjourné à Bayonne dans le début du XVIIe siècle : Jean Duvergier de Hauranne, originaire de la ville et chanoine de la cathédrale et Jansen, venu de Flandres et principal du Collège de Bayonne. Toutefois, en dehors du second article où Dominique Saint Martin envisage son ensevelissement de façon particulièrement austère, on ne trouve pas de référence au jansénisme dans la suite du texte.

Le principal souci du prêtre semble être d’améliorer la situation de la paroisse de Bascassan, qu’il écrit «bascazen», ce qui est conforme à la graphie ancienne relevée dans les listes médiévales par Jean-Baptiste Orpustan (19). Dominique Saint Matin veut qu’un «vicaire et matutinier» réside à Bascassan et il prend toutes les dispositions financières qui lui semblent nécessaires. Il fait référence à des édits royaux autorisant ce type de fondation. Il signale que le curé chargé de la paroisse doit traverser une rivière pour assurer les offices à Bascassan. Il réside en effet à Alciette et doit franchir le Lauribar (20).

La construction financière assez complexe que Dominique Saint Martin met en place, avec l’intervention de nombreux notaires, paraît très étrange aujourd’hui, surtout de la part d’un prêtre. Mais elle n’est peut-être pas aussi originale qu’il y paraît, puisqu’on retrouve le même système (fondations et prébendes) à Ascarat à la même période, décrit avec beaucoup de minutie et de clarté par Jean Irigaray (21).

La description des biens matériels de Dominique Saint Martin témoigne d’un certain niveau de confort et aussi d’activités intellectuelles (cahiers et livres). Nous apprenons au passage qu’il a des servantes, mais le texte ne dit pas combien. Il possède des terres et du bétail «à corne et à laine».

Dans le 10e article, Dominique saint Martin évoque la construction en 1734 de la benoiterie de Bascassan par ses tantes, dont l’une était benoite. On ne peut s’empêcher d’avoir à nouveau une pensée pour Marie Louise Cadiou, héritière de cette charge et gardienne des lieux de 1945 à 1989 (22).

Ce que ne pouvait pas savoir Dominique Saint Martin, c’est que dix ans après son testament, le 2 novembre 1789, les biens d’église seraient déclarés bien nationaux et seraient vendus. Les projets de Dominique Saint Martin se sont-ils réalisés, ou s’ils l’ont été, pour combien de temps ? Il ne pouvait pas imaginer non plus que sa paroisse de Bascassan, si importante pour lui, serait au XIXe siècle fondue dans celle d’Ahaxe et que par conséquent son « église » prendrait rang de simple chapelle (23).

Aujourd’hui Bascassan paraît bien dépeuplé. Restent, témoins du passé, la chapelle qui vient d’être restaurée, la benoiterie et la maison Etxart qui, bien qu’utilisée comme bergerie, a gardé fière allure avec ses fenêtres à meneaux.

(1)     Ce testament est visible au service départemental des archives, pôle de Bayonne, dans les minutes notariales, au chapitre testaments. Il m’avait été signalé par Marcel Douyrou. Dominique Saint Martin, connu sous le nom de Dominique d’Etchart, était né en 1705 à Alciette (cf. P. Haristoy, Les paroisses du pays Basque pendant la période révolutionnaire).
(2)     Sur la chapelle, lire : Olivier Ribeton dans Le pays de Cize, éditions Izpegi 1991, p. 181 à 188.
(3)     Voir photographie, été 1985.
(4)     Voir photographie, décembre 2010.
(5)     Je n’ai pas pu localiser la tombe de la maison Etchart.
(6)     Tous les points de suspension qui suivent sont dans le manuscrit, en dehors de ceux qui sont entre parenthèses et qui remplacent des mots que je n’ai pas pu déchiffrer.
(7)     Le matutinier est un prêtre auxiliaire employé directement par la communauté : « C’et elle [la communauté] qui embauche et rétribue le prêtre matutinier (…) et qui engage au besoin des actions contre le curé qui la néglige au profit d’une autre paroisse dont il a la charge ».  Anne Zink, Clochers et troupeaux, les communautés rurales des Landes et du Sud-Ouest, History, 1997.
(8)     Le mot «d’un» avait été oublié et écrit au-dessus de la ligne.
(9)     Ce curé avait été entendu comme témoin en 1696 dans l’enquête concernant les cagots d’Alciette (voir Ekaina n° 105).
(10) La fin de ce mot manque, manuscrit écorné.
(11) Mot illisible.
(12) Mot illisible.
(13) Le mot « depuis » a été oublié puis ajouté dans la marge.
(14) La fin du mot manque, manuscrit écorné.
(15) Le mot « donner » avait été oublié et ajouté au dessus de la ligne.
(16) Fabrique : ensemble de personnes nommées par l’évêque pour administrer les biens d’une église déterminée.
(17) Les mots soulignés avaient été oubliés et ajoutés au dessus de la ligne.
(18) Information trouvée sur le site internet du diocèse de Bayonne, article intitulé Réforme protestante et contre-réforme catholique.
(19) Orpustan Jean-Baptiste, Toponymie basque, Presses universitaires de Bordeaux, 1990, p. 118.
(20)  Voir la carte de Cassini.
(21) Irigaray Jean, revue Jakintza n° 53, pp 84-90. Il faut se reporter à cet article pour comprendre comment fonctionne le système financier décrit par ce testament.
(22) «Bazkazanekoan aldare aintzineko margoak 18 garren mendekoak dira eta oso famatuak. Hehork ez ditu eliza ondoan bizi den serora xaharrak hobeki esplikatuko. Emazteño horrek bertze ainitz gauza ere ikasiko dizkizue, bai lehengo girixtinoen urrats batzuetaz (xirio, ezkilaren indar berziak harriaren kontra…) bai oraiko eta lehengo Elizaz». Xipri Arbelbide, Garazi, Elkar, 1987.
(23) Olivier Ribeton, Le Pays de Cize, p. 182.



Marie-Louise Cadiouren 
orhoitzapenez
bi artikulu





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